Xing Ming Gui Zhi
Xing Ming Gui Zhi

 

 

L'Ecole propose de cultiver conjointement, Shuang Xiu, la nature essentielle, Xing, à ne pas confondre avec le "moi" WO, et la vitalité, la vie foncière qui permet de s'insérer dans le temps de l'histoire, le Ming.

 

  

Il s'agit d'opérer la grande convergence de ce qui ne relève pas du temps, le Xing, et de ce qui relève du temps, le Ming.

 

MING, Littéralement, le décret céleste, le mandat du Ciel.

 

C’est le lot de vie à consumer que le Ciel nous a alloué, et dont le corps issu de la Terre dispose. En ce sens nous ne sommes pas égaux. Certains vivent vieux malgré une vie sans retenue alors que d’autres meurent jeunes  avec une hygiène de vie exemplaire.

 

Mais au-delà du « lot de vie », apparait l’idée de destinée, d’un mandat à suivre,  d’un potentiel à accomplir et qui nous destine à une trajectoire de vie précise, celle où l’on est en « accord avec soi-même », celle où la vie n’est pas un poids à porter, où on « ne sent pas la vie » comme on ne sent pas une veste taillée sur mesure quand on la porte parce qu’elle est faite « pour nous ». Toute tentative d’échapper à cette destinée entraine conflit, maladie, entrave de la vitalité et mort prématurée par usure inappropriée du lot de vie.

 

Cultiver le Ming c’est avant tout cultiver la vie dans ce qu’elle a de plus foncier, dans la physiologie la plus basique, c’est maintenir en bon fonctionnement tous les processus de la vitalité pour assurer son lot de vie, qu’il soit petit ou grand. Mais c’est aussi développer ses potentiels innés, ses potentiels célestes et les accomplir dans sa vie quotidienne, en enrichir sa vie quotidienne. 

 

 

XING, Littéralement la Vie (Sheng) du cœur (Xin).

 

Le cœur désigne le siège des pensées conscientes autant qu’inconscientes et des émotions qui leur sont étroitement liées. Le mouvement incessant et contagieux des pensées et des émotions rappelle celui du Feu qui peut être dévastateur s’il n’est pas correctement circonscrit dans l’âtre d’une cheminée.

Mais la nature intime du cœur, sa nature profonde, véritable et dissimulée, cachée, est faite d’espace, d’ouverture et de silence, à l’image du Ciel.

 

La nature intime du cœur relève de l’amont du Ciel, le Ciel antérieur, ce qu’il y a en dehors de toute projection dans le temps, de tout commencement et donc de toute fin. Elle est le fondement de toute énergie.

 

La nature intime du cœur est totalement perpendiculaire à l’axe du temps, elle ne s’y projette qu’en un point, le point où se situe le corps. Elle ne s’y incarne que si elle y rencontre un Ming suffisamment accompli, sinon elle reste un silence mental sans Agir, sans Parole.

 

En ce sens la nature intime est immortelle et existe de toute éternité, elle est l’éternité de l’instant présent, et sa rencontre avec un Ming accompli en fait son incarnation efficace, vécue et manifestée.

Mais le cœur peut être projeté dans le temps, en aval du Ciel, Ciel postérieur, et se nourrir de la mémoire et du passé, se projeter dans l’avenir, anticiper et prévoir, et naviguer sur les énergies limitées qui relèvent de la temporalité.

 

Quittant sa nature céleste et devenant feu, soumis à la nécessité du temps, le cœur connait des débuts et des fins s’enchainant dans un flux ininterrompu, celui du flot des pensées. C’est alors qu’il convient de ne pas laisser le feu courir en tous sens au risque de tout enflammer, qu’il faut le maintenir dans « l’âtre » fabriqué pour lui. Cet âtre est le domaine où la pensée s’exerce de façon efficace. Elle ne devrait pas s’emparer de domaines où son action est illusoire, inefficace, voire pire, destructrice.

 

Cultiver le Xing c’est maintenir le feu dans l’âtre et faire retour au ciel.